CORSE
INRAP /INFORMATIONS DE MARS 2026/
En Corse, l’Inrap participe aux recherches sur la paléoépidémiologie
Les opérations de l’Inrap en Corse sont liées à d’ambitieux programmes de recherche en paléoépidémologie. Une journée d’étude organisée au musée archéologique de Mariana a réuni une équipe de chercheurs de l’Université Pasquale Paoli de Corse et des spécialistes de l’Inrap.
La recherche de pathogènes anciens
Les recherches en paléoépidémiologie en Corse visent à diagnostiquer des infections du passé et à mieux appréhender les phénomènes évolutifs liés aux pathogènes identifiés sur l’île. Les investigations, combinant paléopathologie macroscopique et paléomicrobiologie, doivent permettre de livrer des données d’une grande richesse sur les modes de vie insulaires et sur les dynamiques épidémiques anciennes.
Les opérations de fouilles préventives menées par l’Inrap en 2017 (Caserne Montlaur à Bonifacio, direction Christophe Ranché) et 2018 (Lamajone à Aléria, direction Laurent Vidal), où les sépultures avaient fait l’objet d’investigations spécifiques, en lien avec le lazaret des convalescents pour la première opération et le foyer historiquement connu du paludisme et de la malaria pour la seconde, ont servi de supports aux premières études paléomicrobiologiques. D’autres opérations ont par la suite enrichi le corpus d’individus faisant l’objet de recherches de pathogènes anciens, telles que la fouille du fortin de Girolata à Osani, en 2020 (direction Astrid Huser) ou le diagnostic de Maison Rossi à Aléria (direction Laurent Vidal).
Ces investigations sont réalisées dans le cadre de l’axe de recherche en paléomicrobiologie portant sur les pathogènes des populations corses anciennes, mis en place fin 2021 par la professeure Liliane Berti, responsable du projet Ressources Naturelles (UMR 6134 SPE UCPP) et chargée de mission Recherche en Santé à l’Université de Corse. Partageant une même ambition de développer un environnement de travail en Corse sur des séries ostéo-archéologiques insulaires, l’Inrap participe à ce projet depuis son démarrage. Cette recherche est coordonnée depuis 2022 par Philippe Biagini, Directeur de recherche (UMR 7268 ADES AMU / sous convention de partenariat UMR 6134 SPE UCPP), assurant le développement des approches moléculaires dédiées aux restes anciens au sein du laboratoire de l’université de Corse et les interactions avec la DRAC Corse et les CCE/musées insulaires. Les Drs Elodie Guinoiseau et Jean-Pierre Poli (UMR SPE 6134 UCPP) sont également impliqués dans ce développement. Ces investigations sont soutenues par un projet collectif de recherche (pathogènes anciens - Brucellose ; coordinateur Ph. Biagini).
Un partenariat entre l’Université de Corse et l’Inrap renforcé
Afin de donner un cadre aux collaborations et formaliser la participation de l’Inrap à ces recherches, une convention de partenariat scientifique a été conclue entre l’institut et l’Université de Corse Pasquale Paoli en juillet 2023, avant même qu’une convention générale de partenariat ne lie les deux structures en 2025. Ce cadre permet notamment à la Dre Catherine Rigeade, archéoanthropologue Inrap, de s'investir pleinement dans ces recherches et les séminaires associés, d’être membre du comité de suivi de thèse de Paul-Alexandre Schmitt depuis 2024 (paléomicrobiologie des populations corses anciennes) après avoir co-dirigé son Master 2 et enfin de prendre part au projet FEDER « PRESAGE » avec l’Université de Corse (effectif courant 2026).
Une journée d’étude pour faire un état des lieux et tracer des perspectives pour les prochaines années
La réunion de fin d’année concernant l’axe de travail sur les pathogènes anciens en Corse, organisée au musée archéologique de Mariana - Prince Rainier III à Lucciana le 5 décembre, a permis de réunir les acteurs associés à ce programme de recherche (présentiel/distanciel). À la suite de l’ouverture par Catherine Utrera, directrice de l’interrégion Midi-Méditerranée de l’Inrap, et Philippe Biagini, un bilan des actions et résultats de l’année écoulée a été présenté, ainsi que les développements de travail à venir. Plusieurs spécialistes ont ensuite présenté l’actualité de leurs recherches, parmi lesquels Vianney Forest (Inrap), Liliane Berti (UMR 6134 SPE UCPP), Catherine Rigeade (Inrap) ou encore Elisabeth Pereira (UMR 6134 SPE UCPP), soulignant l’apport multidisciplinaire de cette recherche concernant les pathogènes du passé.
Enquête archéologique sur la peste justinienne
Dans le cadre d'un partenariat scientifique de l'Inrap avec l'université de Harvard et l'Institut Max Planck (Centre for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean, MHAAM), Isabelle Catteddu et Valérie Delattre, archéologues à l'Inrap, décrivent de quelle façon l'archéologie funéraire, croisée avec la génétique, peut contribuer à une meilleure connaissance de l'état sanitaire des populations alto-médiévales de France métropolitaine, notamment de la peste justinienne, dont les vagues successives, du VIe au VIIIe s., se sont étendues bien au-delà du bassin oriental méditerranéen.
Date de publication 30 juin 2025
L’Inrap travaille avec l’Université de Harvard et l’Institut Max Planck sur la peste justinienne dans le cadre d’un projet d’étude archéologique, génétique et sanitaire des populations alto-médiévales de France métropolitaine. Comment avez-vous mis en place ce programme ?
Valérie DELATTRE : Quand il a fallu organiser un projet autour de la peste justinienne qui était proposé par Isabelle Catteddu, nous avons jugé pertinent de mutualiser la recherche de sujets atteints potentiellement de la peste à l’Action de Recherche Collective (ARC) « Handicap », qui recense des sujets atteints de pathologies invalidantes et que je pilote depuis quelques années. Il suffisait d’ajouter une occurrence « peste » à toutes nos occurrences pathologiques, d’ajouter un pathogène aux pathologies invalidantes, pour utiliser le même outil, la même base de données, les mêmes référents en région. Ainsi, les agents de l’Inrap qui dépouillaient les rapports de fouilles pour documenter la base de données pouvaient faire le pas de côté et intégrer d’éventuels sujets éligibles au prélèvement à destination de la caractérisation de la peste.
Isabelle CATTEDDU : C’était aussi le moyen de poser un cadre pour appuyer le projet auquel m’avait associée Michael McCormick, professeur à l’Université de Harvard, spécialiste du premier Moyen Âge européen et avec lequel je collabore depuis 2006. En 2016, l’Initiative pour la Science du Passé Humain à Harvard (SoHP), en lien avec l’institut Max Planck pour l’Anthropologie Evolutionniste (MPI-EVA), de Johannes Krause, ont créé une nouvelle structure : le Max Planck-Harvard Research Center for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean (MHAAM). L’objectif était de mutualiser leurs moyens et de créer une plateforme interdisciplinaire de chercheurs multilingues, travaillant autour de la Méditerranée ancienne revue depuis une perspective contemporaine et les analyses ADN. Après un premier travail autour de l’ADN et les migrations, le MHAAM a lancé en 2016 un nouveau projet en vue de mieux connaître les pandémies du passé et consistant à étudier le phénomène microbien, dans sa dimension non seulement biologique, mais aussi humaine et historique. Ce programme de recherche vise à identifier à une échelle internationale les agents pathogènes de la fin de l’Antiquité au Moyen Âge et plus précisément Yersinia pestis responsable de la peste justinienne. Il est donc possible, au-delà des données inégales des sources écrites, de repérer l’ADN du bacille dans les ossements.
Peste justinienne /Produite par le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), en collaboration avec le National Institutes of Health (NIH), Rocky Mountain Laboratories (RML), cette image de microscopie électronique à balayage (MEB) révèle les détails ultrastructuraux de la bactérie Yersinia pestis, enchevêtrée dans une matrice fibrineuse.© National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID); Rocky Mountain Laboratories; NIH./ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Parce qu’il en reste des traces encore ?
Isabelle CATTEDDU : Dans les dents en particulier. C’est là que peut être conservé l’ADN de l’agent pathogène. Les sépultures issues de nécropoles bien contextualisées et datées sont donc importantes. Quelques auteurs, Procope de Césarée notamment, donnent une vision dramatique de la peste, entraînant dans certains endroits, une perte de 50 % de la population, comme lors de la peste noire. Nous pensions avoir identifié cette peste uniquement en Méditerranée et en Orient, au VIe siècle.
Peste justinienne /Justinien représenté sur une mosaïque de l’église San-Vitale à Ravenne.© Michleb, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Mais les premières études du MHAAM ont permis d’identifier le bacille matériellement près de Bourges et dans le sud de la France, confirmant les écrits de Grégoire de Tours. En voici un extrait : « La peste survenant, il y eut dans tout le pays une telle mortalité sur le peuple qu’il est impossible de compter les multitudes qui périrent. Comme les cercueils et les planches manquaient, on en enterrait dix et plus dans une même fosse. On compta un dimanche, dans une basilique de Saint-Pierre, 300 corps morts. La mort était subite. Il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour ». Procope de Césarée a également laissé un récit terrifiant de la peste à Constantinople où les gens mouraient par milliers. Cette peste s’appelle justinienne parce que l’empereur Justinien, installé à Constantinople, aurait eu la peste et aurait été sauvé.
Peste justinienne /Justinien représenté sur une mosaïque à Ravenne.© Meister von San Vitale in Ravenna — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), DIRECTMEDIA Publishing GmbH. Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6435925/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Dans quelles zones géographiques cette peste justinienne est-elle aujourd’hui attestée par des recherches ADN ?
Isabelle CATTEDDU : Les chercheurs ont eu la surprise de la trouver en Bavière dans un site complètement isolé, dans l’est et le nord-est de l’Angleterre en dehors des régions colonisées par les Romains, en Espagne aussi (apportée par les Wisigoths ?). En France, elle est attestée dans des sépultures de Lunel-Viel (Hérault) et près de Bourge. Or nous avons à l’Inrap des données de dizaines de milliers de sépultures qui peuvent prétendre à ce genre d’analyse. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes associés à ce projet, sachant que cette peste démarre selon les sources écrites en 541 en Égypte et qu’elle va se développer en Europe et au-delà sous forme de plusieurs vagues, jusqu’en 750 environ, avec des pauses, des reprises, des variants.
Peste justinienne/ Plan de diffusion de la pandémie de Justinien. © Frédéric Barenghi, Inrap/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Aujourd’hui, toute la phylogénie de cette peste peut être restituée. En France ou en Europe de l’Ouest, des historiens pesto-sceptiques considèrent que la peste a touché la Méditerranée de manière anecdotique. Cette question se rattache notamment au grand débat sur la « chute » de l’Empire romain et sur les grandes migrations. Nous nous inscrivons, nous, dans la lignée des travaux de Kyle Harper, partisan des multicausalités, climatiques, environnementales, économiques, politiques, et épidémiques. Ces travaux ont suscité des controverses, notamment en raison de l’insuffisance des données archéologiques. Or, nous disposons à l’Inrap de milliers de sépultures, contextualisées et de travaux aboutis sur les façons d’interpréter les rituels funéraires qui devraient contribuer à faire avancer ces recherches.
Vers quelles enquêtes conduit cette problématique ?
Isabelle CATTEDDU : Nous allons sélectionner nos échantillons, les localiser, les contextualiser. La SoHP a créé une cartographie en open access (Mapping Past Societies). Un inventaire et une traduction de tous les textes parlant de la peste viennent enrichir le dossier. Seront ainsi croisées les disciplines biologiques, historiques, épigraphiques, archéologiques… Nous voulons comprendre cette épidémie dans toutes ses dimensions socio-historiques, et notamment pouvoir évaluer son impact sur le peuplement, en croisant les données avec les particularités climatiques et environnementales de l’époque. Entre 530 et 750, se succèdent ce que l’on nomme des anomalies climatiques rapides. Au petit âge glaciaire de la fin de l’Antiquité succède une crise hydrologique puis un début de réchauffement.
Peste justinienne /Mapping Past Societies (Mapping Past Societies), localisation des cas de peste publiés à ce jour par le MHAAM.© Initiative for the Science of the Human Past at Harvard./ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Comme nous avons la chance, nous archéologues, d’accéder aux habitats, aux pratiques agricoles, aux sépultures, nous avons ici l’opportunité de nous interroger sur l’impact de cette épidémie et du climat sur le peuplement de notre territoire, sur son économie. Un autre axe intéressant concerne certaines routes de communication dont on dit qu’elles ont cessé de fonctionner après l’Antiquité. Or cette même période est caractérisée par d’importants mouvements de population et par le commerce de certains produits spécifiques. Les grenats retrouvés dans les tombes comme à Saint-Dizier par exemple viennent d’Inde. Le bacille de la peste a-t-il suivi ces itinéraires commerciaux ou de migrations ? Il nous faut documenter et développer une large réflexion historique.
Peste justinienne /Fig. 1 – Fibules discoïdes à décor cloisonné de grenats provenant de la sépulture 12 de Saint-Dizier « La Tuilerie » (Haute-Marne)./© C. Philippot – Collection du musée de Saint-Dizier/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Existe-t-il beaucoup de traces écrites ? Lesquelles considérez-vous ?
Isabelle CATTEDDU : Les historiens font constamment une relecture critique de leurs sources, notamment grâce à de nouveaux outils numériques. Ils s’interrogent sur le nombre très limité de chroniqueurs, comme Grégoire de Tours, Procope de Césarée, Cyprien de Carthage (…) qui parlent de la peste comme d’un événement énorme, tandis que d’autres – la majorité – n’en parlent pas. Les textes sont écrits par les élites. Et ils documentent peu le monde rural où vit pourtant plus de 90% de la population au premier Moyen Âge. Les témoignages sont souvent indirects : comptes, mais aussi mentions de famines, invasions d’insectes, de sauterelles, événement climatique extrême ayant un impact sur les ressources. Concernant la peste, elle était surtout considérée comme un fléau de Dieu. Les chercheurs du MHAAM regroupent tous les indices et réalisent les analyses ADN et les datations radiométriques, tandis que nous apportons, à l’Inrap, ce « golden document » qu’est l’ossement, mais également notre expérience et notre connaissance approfondie de cette période tant du point de vue funéraire, que du peuplement, de la culture matérielle ou encore des disciplines paléoenvironnementales.
Peste justinienne /Crânes et mandibules de rat noir (Rattus rattus) Pontoise, Rue de l'Ordre, Structure 2, US 1152, XIIe s. La peste, due au bacille Yersinia pestis, affecte nombre de rongeurs dont le rat noir, espèce frileuse qui doit vivre en strict commensal de l';homme là ou les températures moyennes annuelles sont inférieures à 11° C. Du fait de cette proximité imposée, le rat noir constituerait le principal réservoir pathogène à l'origine de la contamination humaine.© G. Jouanin, CRAVO, UMR7209 AASPE/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Selon quels critères prélevez-vous vos échantillons ?
Valérie DELATTRE : C’est une recherche qui est coûteuse en temps et en argent et nous ne pouvons pas envoyer dix mille échantillons. Ce serait par ailleurs contraire à notre ligne éthique et à celle de nos partenaires. Notre mission est donc d’identifier des sujets éligibles au prélèvement en maximalisant nos chances. Les grandes vagues épidémiques que l’on connaît, que ce soit la peste du XIVe ou la peste de Marseille, sont des phénomènes urbains, avec des sépultures de catastrophe, des dizaines de corps ramassés le matin qu’on enterre conjointement en s’affranchissant des préconisations religieuses, avec des lits de chaux pour séparer les cadavres et accélérer les décompositions. Ce phénomène urbain funéraire est clairement identifié pour le XIVe ou le XVIIIe siècle, mais pour le haut Moyen Âge, on n’a aucune idée de la façon dont les malades étaient considérés par leurs proches, sachant que c’est une peste fulgurante qui faisait mourir en quelques jours. Il n’y a pas le temps d’un traitement ou d’une mise à l’écart du malade. Nous sommes au VIe-VIIe siècle, alors qu'une très grande majorité de population vit dans les campagnes, dans un cadre familial et pas encore paroissial. Il existe néanmoins des façons d’inhumer dans ce contexte pré-paroissial, une norme en termes de gestes funéraires. Nous avons essayé de nous mettre dans l’optique de groupes qui enterraient, en respectant ou en s’affranchissant des rituels, des gens qui étaient mort d’une façon subite et assez terrifiante, sans comprendre les mécanismes de la contagion, même si les textes, qui parlent de « mauvais air » et de « miasmes », témoignent d’une certaine compréhension de la contagion.
Peste justinienne /Sépulture atypique, Saleux, Ile-de-France.© I. Catteddu, Inrap, 1993/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Nous avons donc cherché tout ce qui pouvait être atypique dans cette séquence chronologique : des sujets, enterrés de façon multiple, le long des chemins, dans des fours, des structures domestiques désaffectées, dans des tranchées de fondations ou de récupération de villas gallo-romaines. Nous avons considéré également l’agencement du défunt, enterrés sur le ventre, sur le côté, etc. Nous avons également sélectionné des individus enterrés de manière traditionnelle, attendue pour leur région et époque. Après tout, il est tout à fait possible que les malades aient été traités comme tout le monde. Notre regard d’archéologue doit rester ouvert et s’affranchir au maximum de nos perceptions modernes.
Quels types de prélèvement effectuez-vous ?
Isabelle CATTEDDU : Après une première opération de sélection et de prélèvement, en décembre 2022, nous avons réussi à envoyer au MHAAM presque 300 échantillons issus de plusieurs régions en France, sachant qu’une centaine d’autres agents pathogènes dont la malarias et la syphilis seront recherchés. Les dents sont donc privilégiées, mais aussi lorsque cela est possible, le pétreux, l’os qui forme l’oreille à l’intérieur du crâne et qui est capital dans la recherche paléo et archéogénétique, parce que c’est un petit os très dense, qui conserve très bien l’ADN humain. L’institut Max Planck a développé une technique de prélèvement infinitésimale à l’aide de microforeuses qui est très peu invasive et très respectueuse des ossements du défunt. La post-doctorante en charge du projet à Harvard, Solenn Troadec, formée au Max Planck se rend dans les dépôts ou dans les centres de recherche, faire les prélèvements sans avoir à détacher le pétreux du crâne ou l’envoyer au laboratoire. C’est un tournant comme l’a été le carbone 14. L’ADN ne va pas tout résoudre, mais il va nous aider dans beaucoup de nos questionnements et l’on n’a plus à détruire les ossements. À terme, en fonction d’une positivité d’un échantillon, il y a la possibilité de faire encore d’autres types d’analyses, isotopiques notamment. Grâce à l’isotope du strontium par exemple, on peut savoir d’où vient un sujet, s’il a migré. Qui est le plus touché ?
Peste justinienne /Prélèvement par Solenn Troadec en salle blanche à l'institut Max Planck pour l’Anthropologie Evolutionniste. © S. Troadec, SoHP, MHAAM, 2022/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Avez-vous déjà collecté des échantillons positifs ?
Valérie DELATTRE : Quand on lit Grégoire de Tours, on a l’impression qu’il décrit les fosses de catastrophe de la peste du XIVe, mais nous n’en voyons pas au VIe-VIIe siècle. À Lunel-Viel, dans l’est du département de l’Hérault, quelques individus inhumés dans des tranchées de fondations et de récupération de villas gallo-romaines sont éligibles à l’échantillonnage, de même qu’à Sens et à Saint-Doulchard, même si la bibliographie est difficile d’accès. À Saint-Denis, qui présente un contexte urbain très dense pour cette époque-là, il n’y a aucune fosse multiple, même pas de double. Les rares sépultures connues correspondant à ces descriptions font bien sûr partie de notre sélection. Nous avons immédiatement fait et envoyé les prélèvements et si les échantillons sont positifs, ils permettront de confirmer les informations des sources historiques. Nous sommes encore en attente de ces résultats, mais nous avons désormais un prisme qui va nous permettre de lire la peste dans le funéraire. Celle-ci a heurté suffisamment ses contemporains pour que l’on s’attende à constater une surmortalité et les mêmes symptômes. Il est difficile d’imaginer ne pas trouver d’échantillons positifs, vu la multitude de fouilles et de contextes funéraires collectifs ou isolés dont on dispose pour ces périodes-là.
Peste justinienne /Sépulture multiple, Pont-sur-Seine (Grand Est).© M.-C. Truc, Inrap, 2007/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Et que faites-vous quand les résultats sont négatifs ?
Valérie DELATTRE : Le vide parle. À l’heure actuelle, les cartes ne pointent que sur des échantillons positifs, mais il est extrêmement important d’indiquer également où l’on a des résultats négatifs, de montrer les vides. Est-ce que c’est parce que la peste n’est pas passée ou est-ce que cela s’explique par le fait que l’on n’est pas allé encore y faire de fouilles ou que le sol est complètement érodé ? C’est là où notre savoir-faire archéologique devient indispensable, dans la lecture des vides, des sites, des structures, des pratiques funéraires. Nous n’avons pas seulement des échantillons et des ossements. L’archéologie préventive est aussi riche d’avancées méthodologiques et de réflexions qui viennent enrichir et nuancer ce programme collectif de recherche. La préservation de l’AND pathogène est également à prendre en compte. Il faut bien faire la différence entre un résultats négatif, pas de peste, et un résultat négatif à cause d’une absence d’ADN pathogène, l’archéogénétique est soumise aux mêmes règles, aux mêmes vides, que sa discipline mère l’archéologie.
Sur quelles équipes de chercheurs vous appuyez-vous au sein de l’Inrap ?
Valérie DELATTRE : Nous sommes 25 archéologues en France, tous de l’Inrap, à travailler au sein de cette ARC, surtout des anthropologues et des archéologues du funéraire, des spécialistes de la mort et des morts de cette époque-là. Il y a 20 ans, ce projet aurait été impossible. C’est une capitalisation des acquis de plus de 20 ans de recherches à l’Inrap, une capitalisation de données et une capitalisation d’humains, de compétences en région, de très jeunes collègues aux archéologues expérimentés avec leurs réseaux, leur mémoire et leurs nombreux rapports de fouilles, des petites mains dans les dépôts qui se disent « tiens, je vais examiner cette nécropole » et se plongent dans le catalogue. Il n’y a aucun pays au monde qui dispose d’un tel échantillonnage. Il n’y a aucun autre opérateur qui peut le faire. Et tout cela fonctionne grâce aux forces vives, l’enthousiasme et la curiosité des chercheurs.
Peste justinienne / Saint Sébastien présenté comme intercesseur lors de la peste de Justinien (VIe-VIIIe s.), par Josse Lieferinxe (Walters Art Museum), 1497. VOIR ILLUSTRATION SUR LE SITE DE L'INRAP
© Par Josse Lieferinxe — Walters Art Museum : Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18782873
Voir aussi : L’Inrap et le Max Planck-Harvard Research Center for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean signent un protocole d’accord/L’Inrap et le Max Planck-Harvard Research Center for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean signent un protocole d’accord
Le 10 avril 2025 , Prof. Michael McCormick, co-directeur du Max Planck-Harvard Research Center for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean à l’Université de Harvard, et Dominique Garcia, président de l’Inrap, ont signé un partenariat scientifique dans le cadre du projet d’étude archéologique, génétique et sanitaire des populations alto-médiévales de France métropolitaine.
Date de publication/25 juin 2025
Le Max Planck-Harvard research Centre for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean (MHAAM) est un centre de recherche réunissant l’Initiative for the Science of the Human Past at Harvard (SoHP), sous la direction du professeur Michael McCormick, et le Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology (MPI-EVA) sous la direction du professeur Johannes Krause. Les multiples groupes de recherche créés au sein de ce centre étudient les vestiges matériels et documentaires susceptibles d’éclairer l’évolution des sociétés et des civilisations issues du monde méditerranéen et de ses extensions au sens le plus large du terme. Ces recherches sont soutenues par l’innovation technologique et scientifique et par la coopération de chercheurs et d’étudiants à travers le monde.
Ce partenariat prend la suite de nombreuses années d’échanges et de collaboration, notamment entre Isabelle Catteddu, chercheuse à l’Inrap et spécialiste du premier Moyen Âge rural, et des chercheurs de l’Université de Harvard. Le développement en 2021 d’un projet sur la peste de Justinien (ca. 541-750 de notre ère) et, plus largement, sur les populations alto-médiévales, axé sur le territoire de France métropolitaine et financé par la fondation Richard Lounsbery (Fondation Richard Lounsbery) a naturellement renforcé les liens entre ces deux institutions, et créé de nouvelles opportunités au sein du MHAAM.
La quantité et la qualité des données archéologiques produites par l’Inrap, en particulier au sein du programme de recherche « ARC-Archéologie du handicap », associées aux analyses archéogénétiques de pointe du MHAAM ouvrent un nouveau champ d’étude liant des expertises variées dans une collaboration et un projet interdisciplinaires et internationaux. La signature de ce protocole d’accord vient concrétiser cette collaboration et pérenniser ces recherches à la croisée de l’histoire, de l’archéologie et de la génétique.
Convention Harvard Max Planck 3/Convention Harvard Max Planck 2/Convention Harvard Max Planck
Initiative for the Science of the Human Past at Harvard/ Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology
Max Planck - Harvard Research Center for the Archaeoscience of the Ancient Mediterranean /Initiative for the Science of the Human Past at Harvard/Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology/ Archéologie du handicap (Hypothèse)
Archéologie des peuplements littoraux
Publication des actes de la conférence internationale HOMER 2021, sous la direction de Catherine Dupont, Anna Baudry et Marie-Yvane Daire, chez Sidestone Press.
Date de publication/13 mars 2026
Ce volume est consacré aux actes de la conférence internationale HOMER 2021 qui s’est tenue en septembre/octobre 2021 sur l’île d’Oléron (France). Cette conférence axée sur les avancées récentes en archéologie côtière et insulaire concerne une aire géographique large, l’Atlantique nord-équateur. À partir des 55 communications orales et des 24 posters présentés lors de la conférence, 49 articles sont ici proposés par des communicants issus de sept pays.
Cette publication interdisciplinaire présente la diversité de l’archéologie maritime, du terrain à des analyses spécialisées, des travaux exploratoires à la synthèse. Ce livre est un recueil pour les communautés d’archéologues, il aborde les questions méthodologiques, les nouveaux défis de l’archéologie côtière et les enjeux politiques.
Dix ans après la conférence HOMER 2011 publiée en 2013 (BAR), cet ouvrage se présente en défenseur du patrimoine archéologique côtier en exposant les résultats de nouvelles recherches et des études de cas inédites. Ce volume se plonge dans l’actualité de la recherche, il est, par conséquent, un bon outil de sensibilisation pour un public averti ou bien les acteurs de l’avenir du patrimoine maritime face à la montée du niveau des mers. Il montre que l’archéologie est une discipline dynamique qui s’adapte quotidiennement aux décisions politiques et aux événements naturels et environnementaux.
L’une des originalités de ce volume est également son approche diachronique : des sites préhistoriques aux sites historiques.
Les autrices
Catherine Dupont est archéomalacologue et directrice de recherche au CNRS. Elle travaille au Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH) à l’Université de Rennes. Ses recherches portent sur les invertébrés marins et les amas coquilliers des sociétés préhistoriques de pêcheurs-chasseurs-cueilleurs, principalement sur les côtes atlantiques européennes. Elle développe des méthodes d’étude des amas coquilliers et analyse les coquillages dans une perspective diachronique, afin de mettre en évidence la diversité de leurs usages (alimentation, parure, teinture, décoration murale, outils, objets symboliques, etc.).
Anna Baudry est archéozoologue à l’Inrap et membre de l’unité mixte de recherche CReAAH (CNRS). Ses recherches portent sur l’exploitation des ressources animales et sur le rôle de la consommation de viande dans les sociétés de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer du nord-ouest et du centre-ouest de la France. Elle étudie les modes d’acquisition, de gestion et de consommation des ressources animales dans des populations dont les territoires sont largement ouverts sur le littoral Manche-Atlantique (pratiques pastorales, habitudes alimentaires, circuits d’échanges, etc.).
Marie-Yvane Daire est archéologue et directrice de recherche au CNRS au sein de l’UMR CReAAH. Ses recherches portent sur les sociétés protohistoriques du littoral atlantique européen. Elle s’intéresse notamment à l’exploitation des ressources maritimes et littorales (pêche, production de sel, etc.) ainsi qu’à l’approche conceptuelle des sociétés côtières et insulaires. Depuis plusieurs années, elle développe également des recherches diachroniques sur l’impact des changements environnementaux côtiers et sur la vulnérabilité du patrimoine littoral et insulaire, dans le cadre de projets de recherche nationaux et internationaux (Arch-Manche, ALeRT, ALOA, etc.). Elle est aussi présidente de l’AMARAI (Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Îles).
Référence/Dupont, C., Baudry, A., & Daire, M.-Y. (Eds.). (2025). Archaeology Of Coastal Settlements / Archéologie des peuplements littoraux. HOMER 2021 Conference. Sidestone Press. https://doi.org/10.59641/vv634yh
Le projet « Origin of Humanity » : explorer les origines de la lignée humaine
Réalisé en partenariat avec l'Inrap et mené sous la direction d’Anna Echassoux, directrice générale de l’Institut de Paléontologie Humaine (IPH), le projet « Origin of Humanity » ambitionne de mieux comprendre les origines de la lignée humaine entre 4,3 et 3,3 millions d’années. Il s’appuie sur les découvertes paléoanthropologiques majeures actuellement réalisées dans la région de Fejej, au sud de l’Éthiopie, une zone clé pour la compréhension des premières étapes de l’évolution humaine.
Date de publication 12 février 2026
Un territoire-clé pour l’histoire des premiers hominines
Située à l’est du bassin du Turkana, la région de Fejej occupe une position stratégique sur le plan paléontologique. Depuis plusieurs années, elle livre des restes fossiles d’hominines antérieurs à Lucy (Australopithecus afarensis, datée de 3,2 millions d’années), la célèbre représentante de notre lointaine lignée. Ces nouvelles découvertes plus anciennes, datées entre 4,3 et 4 millions d’années, ouvrent une fenêtre unique sur une période encore très peu documentée de notre histoire évolutive, située immédiatement avant les premières traces d’activités humaines connues (Lire : Une industrie lithique datée de 3,3 millions d'années au Kenya questionne l'origine de l'homme).
Une période charnière dans l’évolution humaine
La période étudiée par le programme « Origin of Humanity » correspond à une transition cruciale entre les derniers australopithèques et les premiers représentants du genre Homo. Elle coïncide également avec une phase majeure de transformations environnementales en Afrique de l’Est : changements climatiques, variations du régime hydrologique, et recomposition des milieux boisés et des savanes.
L’analyse croisée des données fossiles, géologiques, géomorphologiques et géoarchéologiques permet ainsi de reconstituer les milieux de vie des premiers hominines et de mieux comprendre comment les paramètres environnementaux ont pu jouer un rôle sur les dynamiques évolutives anatomiques et comportementales.
Des découvertes exceptionnelles à Fejej
En novembre dernier, l’équipe conjointe de l’Institut de Paléontologie Humaine (IPH) et de l’Inrap a mis au jour, sur le site de Fejej, des restes fossiles d’hominines très anciens, datés entre 4,3 et 4 millions d’années.
D’une ancienneté exceptionnelle, ces vestiges figurent parmi les plus rares jamais découverts sur le continent africain. Leur identification et leur contexte géologique apportent des informations inédites sur les premiers stades de la lignée humaine.
Ces nouveaux résultats positionnent désormais Fejej comme un site de référence international, au même titre que d’autres localités emblématiques de la paléoanthropologie est-africaine, telles que Hadar ou Laetoli.
Des liens forts entre Fejej et Lomekwi 3
Cette recherche s’inscrit dans la continuité des travaux menés au site de Lomekwi 3, situé à l’ouest du bassin du Turkana, au Kenya.
Découvert en 2011 et daté de 3,3 millions d’années, Lomekwi 3 est aujourd’hui reconnu comme le plus ancien site archéologique connu au monde, témoignant des premiers gestes techniques attribuables à la lignée humaine (Lire : Les plus vieux outils du monde ont 3,3 millions d’années).
Depuis plus de dix ans, Xavier Boes, géoarchéologue à l’Inrap, co-porte le programme de fouille et de préservation de ce site, sous la direction de Sonia Harmand (CNRS, laboratoire TRACES), en partenariat avec le Musée National du Kenya et l’équipe de l’Inrap (notamment Vincent Arrighi, rattaché au laboratoire TRACES à Toulouse).
Xavier Boes est également depuis trois ans co-porteur du programme de recherche de l’IPH consacré à la période antérieure à Lomekwi 3, qui cherche à combler le vide chronologique et scientifique entre les australopithèques anciens et les premiers outils en pierre façonnés de l’humanité.
La contribution de l’Inrap : la géoarchéologie au cœur du projet
Au sein de cette mission, Xavier Boes, géoarchéologue à la Direction interrégionale Nouvelle-Aquitaine Outre-Mer de l’nrap, met à profit son expertise pour analyser les processus de mise en place des dépôts sédimentaires et leur attribution chronologique. Ces analyses permettent de retracer l’histoire géologique des sites préhistoriques très anciens, d’identifier les processus de formation des sites, les phases de stabilité ou d’érosion et de comprendre comment les environnements ont évolué au fil du temps. En interprétant ces archives naturelles, il contribue à reconstituer les paléoenvironnements et les milieux de vie occupés par les hominines. Ses recherches offrent ainsi un éclairage essentiel sur les relations entre les hominines et leurs ressources à une période-clé de l’évolution.
L’Inrap, reconnu pour son savoir-faire en géoarchéologie appliquée, contribue également à la formation des étudiants et des officiers des Antiquités éthiopiens et kenyans. Ces sessions de terrain, encadrées par des chercheurs français et africains, participent activement au renforcement des compétences locales en archéosciences et à la pérennisation des capacités de recherche régionales.
Une coopération scientifique internationale exemplaire
Le partenariat entre l’Institut de Paléontologie Humaine, l’Inrap, le CNRS, le Musée National du Kenya, le Turkana Basin Institut et le Ethiopian Heritage Autority illustre la dynamique de coopération scientifique internationale autour des sites préhistoriques africains et de la question des origines humaines.
Ce travail collaboratif repose sur une complémentarité d’expertises : archéologie, paléoanthropologie, géoarchéologie, datations, paléobotanique, géochimie, et conservation du patrimoine de l’humanité. Il met en lumière la place centrale de la recherche archéologique préventive française dans les grands programmes internationaux consacrés à la préhistoire africaine et à l’évolution humaine, dans un contexte de protection et de préservation des sites du berceau de l’Humanité.
Origin
L’équipe franco-éthiopienne du projet Origin of Humanity au complet : chercheurs de l’INRAP, de l’IPH, du CNRS, personnel de l’Ethiopian Heritage Authority et la police locale, rassemblés à Fejej pour débuter les travaux sur le terrain, novembre 2025.© Fondation IPH/ VOIR ILLUSTRATION SUR LEUR SITE
Un engagement au service de la recherche et du patrimoine
À travers sa participation au programme « Origin of Humanity », l’Inrap affirme son rôle dans la production et la transmission des savoirs scientifiques, tout en contribuant à la préservation et à la valorisation du patrimoine archéologique africain.
Cette implication s’inscrit pleinement dans la mission de l’institut : développer la recherche archéologique appliquée, favoriser la coopération internationale, et diffuser les savoir-faire français au service de la connaissance de l’humanité et de ses origines. Lire la page de l'Institut de Paléontologie humaine (IPH)
L'Inrap et le BRGM signent un accord-cadre de partenariat
Le 9 septembre 2025, Catherine Lagneau, présidente-directrice générale du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), et Dominique Garcia, président de l'Inrap, ont signé une convention de partenariat en vue de mener des actions de recherche communes sur une série de domaines prioritaires de coopération.
Date de publication 10 septembre 2025
Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle du ministère chargé de la Recherche, du ministère chargé de l'Environnement et du ministère chargé des Mines, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) est l'établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol dans une perspective de développement durable. Il a pour mission de conduire des recherches fondamentales et appliquées concernant le sol et le sous-sol et de mener des actions d'expertise, de développement technique et industriel et de formation dans ce domaine.
Compte tenu de leurs domaines de compétences complémentaires et synergiques dans l'étude du sol et du sous-sol, l'Inrap et le BRGM ont souhaité se rapprocher afin de mettre en place un partenariat d'une durée de cinq ans en vue de mener des actions de recherche communes sur une série de domaines prioritaires de coopération :
Connaissance géologique du territoire : Connaissance du régolithe (proche sous-sol), Processus de mise en place de formations géologiques récentes, Paléoclimats et amélioration des modèles prédictifs sur le long terme, Géothèque, Données sur les ouvrages souterrains ;
Outils d’acquisition et d’imagerie : Mutualisation de parcs instrumentaux géophysiques, Co-développement de nouveaux moyens d’imagerie géophysique ;
Prévention des risques : Données sur les séismes et tsunamis, Études de stabilité (cavités minières), Données sur la pollution des sols urbains, Interprétation des analyses de sols ;
Capacités analytiques : Provenance des matériaux, Nouveaux développement analytiques
Gestion de l’eau : Impact du climat sur les ressources en eau ;
Pratiques dans le domaine numérique : Pratique choix logiciels, Pratiques en intelligence artificielle.
En vue de mener à bien leurs actions de recherche communes, les deux établissements conviennent de coopérer sur la base de la mise à disposition et du partage de données, de savoir-faire, de techniques et de moyens d'expertise, de la coordination pour la diffusion et la valorisation des résultats, de la collaboration à des programmes de recherche, de l'encadrement commun de thèses, post-doctorants et stagiaires, d'échange de personnel. Un comité de pilotage stratégique biannuel veillera au bon avancement des actions communes et décidera des orientations du programme.
Université Bordeaux Montaigne et Inrap : une alliance entre archéologie préventive et recherche
Dominique Garcia, président de l’Inrap, et Alexandre Péraud, président de l’Université Bordeaux Montaigne, ont signé une convention cadre visant à renforcer les liens entre la recherche académique et la pratique de l’archéologie préventive, une étape pour la formation des futurs professionnels du secteur et l’avancement des méthodes archéologiques.
MANIFESTATIONS CULTURELLES EN REGIONS / SUD ET OCCITANIE/
Manifestations culturelles
MARSEILLE/MUSEE D'HISTOIRE DE MARSEILLE/ Conférence/ Mardi 17 mars à 18h
Par Philippe Mellinand, archéologue à l'Inrap et Fabrice Denise, conservateur en chef du musée d’Histoire de Marseille
Musée d'histoire de la Ville de Marseille, Marseille (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
La carrière antique de la Corderie à Marseille et le projet de valorisation du site de la Corderie dans le square Saint-Nicolas
OCCITANIE/
LOUPIAN/ VILLA LOUPIAN MUSEE GALLO-ROMAIN/ Conférence 19 mars 2026 à 18h30
Par Muriel Gandelin, archéologue à l’Inrap
Musée Gallo-Romain Villa Loupian, Loupian (Occitanie)
Femmes néolithiques
VILLENEUVE LES MAGUELONNES / CENTRE CULTUREL BERENGER DE FREDEOL/Conférence/ 26 mars 2026 à 18h30
Par Romain Icard et Liliane Tarrou, archéologues à l’Inrap et Benoît Ode du Service régional de l'archéologie
Centre culturel Bérenger de Frédéol, Villeneuve-lès-Maguelone (Occitanie)
ÎIe de Maguelone : une enquête archéologique en cours. Présentation du programme de recherche
APPELS A COMMUNICATION /
DRAGUIGNAN/ POLE CULTUREL CHABRAN/ Appel à communication
Propositions jusqu'au 31 mars 2026
Pôle Culturel Chabran (auditorium), Draguignan (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Les espaces funéraires ruraux en Gaule romaine (Ier s. av. J.-C. au VIe s. apr. J.-C.)
NICE/ Appel à contribution/Propositions avant le 30 avril 2026
Nice, Nice (Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Bâtis et territoires. Construire les espaces habités de la Protohistoire à nos jours : approches archéologiques et historiques
Appel à communication/Propositions avant le 15 mai 2026
Les régions de moyenne montagne durant le Premier Moyen Âge (VIe -XIIe siècles) : modalités d’occupation, de mise en valeur et d’exploitation/ Colloque organisé par la Diana (Société historique et archéologique du Forez), jeudi 1er et vendredi 2 octobre 2026.
PARIS / MUSEE GUIMET / COLLOQUE ANNUEL DE L'INRAP / Manifestation scientifique/ Du 9 au 10 avril 2026
Musée national des arts asiatiques - Guimet, Paris (Île-de-France)
THEME/ Des ressources naturelles inépuisables ? Archéologie et histoire naturelle